L’objectif de l’association était d’utiliser avec la plus grande efficacité possible les legs qui dormaient sur les comptes de l’Archevêché dans des actions de restauration de l’église Saint-Jean-Baptiste de Libourne selon les vœux exprimés par les légataires.

Elles ont été conduites par son Président de l’époque. S’agissant :

  • D’un bâtiment communal : il fallait l’accord du Conseil municipal de Libourne,
  • D’un bâtiment inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques : il fallait s’assurer du contrôle de la DRAC et de l’Architecte des Bâtiments de France en charge de Libourne.

Les conseils de ce dernier ont été fort utiles quant à la sélection des sites à restaurer, et quant à la DRAC, son concours a été déterminant dans le choix des procédés à utiliser et la sélection des entreprises à retenir.

Selon l’architecte l’ordre des chapelles à restaurer devait commencer par les plus proches du portail d’entrée. Le dos et le couvert du bas-côté droit étant le plus sain, le premier choix s’est porté sur la chapelle dédiée à saint Antoine de Padoue.

La chapelle de Saint Antoine de Padoue :

Les travaux eurent lieu en 2004 et en 2005 aux frais avancés par l’Association avec l’acompte sur les legs débloqués par l’Association diocésaine ;

Il s’agissait de restaurer des peintures historiées sur le fond, sur les côtés, sur la voûte et ses nervures du XIVème siècle, l’autel et la statue sulpicienne de saint Antoine de Padoue avec son dais en bois.

Pour permettre les travaux, il a fallu sortir de la chapelle une statue de Notre Dame des Victoires avec son dais richement décoré.

Les subventions sollicitées auprès de la Drac et du Conseil Général de la Gironde arrivèrent en fin de chantier, réduisant la somme à débourser par les Amis de Saint-Jean, de sorte que l’on a pu programmer la restauration de la chapelle voisine, celle dédiée à sainte Jeanne d’Arc.

Eglise Saint Jean-Baptiste de Libourne
Eglise Saint Jean-Baptiste de Libourne

La chapelle de sainte Jeanne d’Arc en 2006 :

La peinture du fond avait été réalisée sur un marouflage collé sur le mur de l’église, des infiltrations à travers ce mur avaient dégradé la toile.

Il a été soigneusement décollé pour être restauré en atelier, pendant le chantier in-situ.

La Ville de Libourne s’est davantage investie dans la restauration en acceptant d’être officiellement le maître d’ouvrage de l’opération notamment par la constitution des dossiers ; les Amis de Saint-Jean s’engageant à lui rembourser le coût des travaux après déduction des subventions qu’elle percevrait et de la DRAC, et du Conseil Général. Les contrats avec les entreprises devenaient des marchés publics. Dans ces conditions, les subventions sollicitées par la Ville ont été plus conséquentes ; de sorte qu’après remboursement à la Ville avec le déblocage d’un nouvel acompte sur legs par l’Association diocésaine, le reliquat permettait aux Amis de Saint-Jean d’engager la restauration d’une autre chapelle, certes avec des moyens plus limités.

La dernière chapelle du bas-côté droit, celle dédiée à Notre-Dame de Lourdes ayant été rénovée peu avant que l’église ait été inscrite par les Monuments Historiques, à l’initiative et aux frais d’une paroissienne, mais sans soucis de faire œuvre de restauration.

Le montant de ce reliquat ne permettait pas aux Amis de Saint-Jean-Baptiste d’envisager la restauration des deux dernières chapelles du bas-côté gauche :

  • Celle dédiée à saint Jean-Baptiste de la Salle,
  • Et surtout celle attribuée à la vénération de la Sainte-Épine, même maintenant que la Ville de Libourne ait rétabli le dos et le couvert des dites chapelles par des travaux sur les couvertures en tuiles.

    C’est pourquoi, après la restauration de la chapelle de la Piéta, l’Association s’est orientée vers la restauration des lustres à six feux en cristal des bas-côtés de l’église.

    En effet lors d’une visite de fin de chantier, l’Architecte des Bâtiments de France avait conseillé de restaurer les lustres désaffectés depuis fort longtemps, afin d’éclairer les chapelles et afin de mettre en valeur celles déjà restaurées en y logeant discrètement des spots directionnels.

    Les travaux se sont déroulés tout au cours de l’année 2009.

    Les onze lustres ont été descendus ensemble (pour éviter les frais de montage et démontage de l’échafaudage mobile) et conduits vers l’atelier de l’électricien, membre de l’association.

    On s’est alors aperçu qu’un seul lustre avait été équipé électriquement ; les dix autres étaient encore à bougies ! Pourtant les voûtes avait été percées en vue du passage des fils depuis les combles, mais sans suite. Par ailleurs les tiges centrales étaient pleines.

    L’électricien a équipé adroitement les onze lustres en y logeant en plus des spots dans ceux qui pendaient devant les chapelles restaurées.

    La remise en fonction des lustres a impliqué le déploiement de deux faisceaux de lignes électriques par-dessus les voûtes de l’église depuis le tableau électrique général dans la sacristie. L’église mesure 50 mètres de long et la voûte centrale s’élève à onze mètres.

    Quelques membres féminins de l’association se sont attaqués au nettoyage des pendeloques en cristal des lustres chez l’électricien. Le nettoyage d’un lustre pouvait demander entre 4 et 6 heures de travail.

    Par ailleurs :

    Au cours de l’année 2003, la Mairie de Libourne a fait savoir qu’elle ne pouvait plus conserver dans ses magasins ni les éléments de la table de communion ni ceux du banc d’œuvre qui avaient été déposés en 1967. La Paroisse les a donc récupérés.

    C’est alors que l’on s’est aperçu que :

    • La table de communion était une magnifique œuvre en fer forgé réalisée par un ferronnier de talent du XIXème siècle, peut-être lors de la restauration du chœur.
    • Que le banc d’œuvre était du même style néo-gothique que les boiseries du chœur et qu’il avait été vraisemblablement réalisé par le même artisan.

    Il fallait donc les mettre en valeur dans l’enceinte de l’église.

    C’est ce que l’Association des Amis de Saint-Jean a progressivement conçu et réalisé avec les autorisations de l’affectataire de l’église, de la commission de pastorale liturgique du Diocèse, et les conseils avisés de l’Architecte des Bâtiments de France

    D’abord, avec un élément de la table de communion ils conçurent et firent réaliser par un ferronnier la base sur trois côtés du nouvel autel avec au-dessus une épaisse glace de verre comme table du sacrifice, grâce au concours d’un mécène. Ce nouvel autel a servi pour la première fois le dimanche de la Pentecôte 2004.

    Par la suite avec les chutes de fer forgé, l’Association réalisa le pupitre de l’ambon et celui de l’animateur, placés l’un à droite, et l’autre à gauche du nouvel autel.

    Une belle croix de procession à la longue hampe, calée par trois volutes de fer forgé devint la croix d’autel ; un spot la fait ressortir pendant les offices.

    L’installation du nouveau mobilier liturgique fut l’occasion d’enlever l’estrade qui cachait le dallage du chœur richement décoré, réalisé autour de 1840 à la même époque que le maître-autel. Par la suite, les statues qui ornent la base de celui-ci, ont été mises en valeur par un éclairage.

    L’autre moitié de la table de communion vint lambrisser un mur du fond de l’église avec une notice pour informer les visiteurs sur sa provenance.

    Quant aux éléments du banc d’œuvre :

    • Le dossier vint terminer le lambrissage de la chapelle du Sacré Cœur, dont le réaménagement avait été opéré au cours de l’année 2004 lorsque la fermeture de la chapelle de la Miséricorde a été annoncée.
    • Un élément du panneau avant est venu lambrisser le mur du bas-côté entre la sacristie des fleurs et le petit orgue, lequel occupe l’ancienne chapelle dédiée à saint Joseph.
    • Une autre partie de l’avant a été convertie en support de la statue de Notre Dame des Victoires, surmontée par son dais, dans l’embrasure murée de l’ancien baptistère en vue de l’aménagement du premier accueil Saint-Jean.

    Enfin grâce à un mécène une, grande statue polychrome de saint Joseph que l’église St-Jean avait recueillie lors de la fermeture du Carmel de Libourne, a pu être restaurée en même temps que la statue de Jeanne d’Arc. Elle a été placée sur un piédestal à proximité de l’ancienne chapelle dédiée à saint Joseph.

    En 2010, les seules ressources en vue des Amis de Saint-Jean-Baptiste de Libourne sont les cotisations versées par ses membres et les subventions publiques et plus éventuellement les libéralités de quelques nouveaux mécènes.

    2014 – 2015 : Collaboration au projet de nouveau beffroi

    En 2017, avec un changement des membres du bureau de l’association, il a été décidé d’entreprendre un grand projet de restauration de la totalité de l’église. Des contacts sont pris avec différents architectes et une étude préliminaire est commandée à l’architecte Denis Boullanger.
    La même année un site internet pour la promotion des Amis de Saint-Jean est créé.

    2019, création/actualisation d’un nouveau parcours culturel et spirituel. Démarches et réflexions continues autour du projet de restauration complète. 

    2020, marque le ralentissement de nos activitées dues aux contraintes sanitaires. Néanmoins l’inauguration d’une vitrine sécurisée pour l’ostension permanente de la Sainte-Épine, eut lieu le 24 Juin, fête de la saint-Jean.

    Voici les différentes missions permanentes des Amis de Saint-Jean :

    • Mission de sauvegarde :
      Beaucoup d’éléments importants, constitutifs de l’église, comme le chœur, les orgues, les chapelles latérales, etc. sont activement surveillés pour assurer leur préservation et dans certains cas leur restauration.
    • Mission de mémoire :
      Création d’une campagne d’archivage numérique continue de tous les trésors, documents, images et souvenirs connus qui constituent la mémoire de l’église Saint-Jean-Baptiste.
    • Mission de transmission :
      – Depuis leur institution, les Amis de Saint-Jean-Baptiste organisent et animent les Journées du Patrimoine dans l’église Saint-Jean avec un nombre grandissant de visiteurs chaque année.
      – Mise en valeur des connaissances (parcours culturel, journées du patrimoine…)
      – Actualisation continue du site Internet par l’actualité ou les documents archivés.

    De plus, l’association n’étant ni propriétaire, ni affectataire des lieux, mais participant activement à la vie de ce lieu, l’association se doit d’avoir un rôle de conseil et de soutien vis-à-vis de la Mairie et de la Paroisse de Libourne.

    L’intérêt de ses membres pour la restauration et l’embellissement de l’église Saint-Jean-Baptiste de Libourne reste intact, les compétences acquises au cours de ces années ne sont pas émoussées. Elles ne demandent qu’à être transmises à une nouvelle génération d’amis de notre église afin que soit poursuivie l’œuvre de sauvegarde et d’embellissement de la maison de prière où se rassemblent les chrétiens de Libourne, laquelle est en même temps un élément majeur du patrimoine des Libournais légué par les siècles de leur histoire et encore pour les siècles à venir.